Qui dit que tu as moins de valeur parce que tu n’es pas là où tu pensais être ?

J’ai envie de te dire que nous sommes nombreux à ne pas être, parfois, là où nous le souhaitions.
Un emploi qui ne prend pas, une formation — voire plusieurs — qui n’aboutissent pas, un couple qui s’effrite, une séparation, des relations qui s’arrêtent, une maladie, des projets, des idées, des collaborations qui tombent à l’eau… Bref, tu n’es pas forcément là où tu le pensais, et c’est difficile. Tu ressens que quelque chose ne prend pas, comme si la vie refusait d’avancer avec toi.
On croit devoir atteindre un certain statut, une certaine image, un lieu, un métier, un quota de relations. On s’investit, on donne de son temps… et pourtant, des années après, rien n’est là comme on l’avait imaginé. Alors on est obligé de faire face à ce constat : ma vie n’est pas celle que je pensais.
Et si, à travers la douleur du manque de changement et d’aboutissement, on s’ouvrait ? Et si on arrêtait de s’accrocher, de s’écorcher au vide, pour aller vers le concret — celui qui fonctionne, et qui n’est pas moins bien ?
Tu n’es pas moins bien parce que tu es célibataire. Tu n’as pas moins de valeur parce que tu as changé de métier, et qu’il est moins “fun”. Tu es toujours avec un job alimentaire ? Et alors ? Et si ces espaces creux, ces attentes, étaient en réalité parfois des espaces d’enseignement ? Oui, il est bon de prendre les chemins du changement, mais des fois, cela demande du temps, et parfois ce n’est pas forcément toujours possible, d’une certaine manière. Forcer un chemin n’est jamais sain.
Et si revenir aux fondamentaux, à l’essentiel, c’était simplement apprendre à respirer librement et accepter que certaines choses ne fonctionnent pas, plutôt que de rester enfermé dans l’idée de ce qui devrait être bon pour nous…
et forcer notre regard sur l’inconfort en nous jetant la faute… Résister au changement n’est jamais utile, même s’il est humain de s’attacher à une personne, une idée, un emploi, un lieu…
On a le droit au bonheur. Oui, et parfois, pour y accéder, cela passe par des hauts, des bas, des retours en arrière, des régressions… ce qui permet, au final, de toucher ce qui est vraiment sincère en nous : une forme d’amour plus juste, plus profond, où l’on ouvre les yeux avec le cœur et non avec le mental ou le contrôle.
Et si, parfois, nous avions manqué de sincérité, en nous obstinant ? On reste dans un couple qui nous heurte, auprès de personnes pas toujours bienveillantes… On se fait du mal en insistant. On attend que cela change, mais cela ne vient pas. Peut-être qu’au final nous avons peur. Mais peur de quoi ? De la solitude ? Du départ ? De la perte d’un rêve ? Du manque ?
Et si, au final, apprendre à accepter toutes ces fermetures pouvait nous mener vers quelque chose de bon pour nous ?
Tu sais, de nombreuses personnes réalisent, au cours de leur vie, que certaines expériences étaient des illusions. Elles n’ont pas forcément obtenu ce qu’elles voulaient, mais ont reçu ce qui était juste pour elles. Le mieux est parfois l’ennemi du bien, dit-on…
Le monde spirituel nourrit aussi beaucoup de fausses croyances, notamment celle qui nous fait penser que tout est possible si on y met du sien. Mais non. Parfois, tu peux tout faire “comme il faut”, et tu n’as pas de résultats.
Et ça ne veut pas dire que c’est de ta faute. Tout ne vient pas de toi.
Je suis sûre que tu as déjà vécu une situation où, en évitant quelque chose ou en ne l’obtenant pas, tu as compris après coup que ce n’était pas pour toi, ou que tu avais évité un gros souci — quelque chose de plus difficile. Peut-être que c’est aussi le cas aujourd’hui.
Mais ce n’est pas pour que tu abandonnes que je te dis ça. C’est pour t’ouvrir à une lucidité plus humaine : accepter les échecs fait partie d’un chemin de réussite profond et résilient.
Retrouver une forme de lucidité sur ce qui est réellement bon, juste pour nous, en tant qu’êtres humains, nous ouvre des portes. Car en apparence, beaucoup de choses semblent merveilleuses… un métier, un couple. On se dit “waouh” depuis l’extérieur… puis un jour, on découvre l’envers du décor.
Et c’est là que l’on comprend que sortir des mirages est nécessaire pour avancer.
Alors je le répète : nous ne valons pas moins parce que notre statut change.
Le chemin passe parfois par des épreuves qui nous dépouillent de nos illusions, de nos conditionnements. Ce n’est pas simple… mais c’est souvent là que se trouvent les apprentissages les plus utiles.
C’est même une grande preuve d’évolution que d’accepter d’apprendre de nos non-évolutions, de nos pertes, de nos échecs, de nos erreurs… de reculer, pour mieux voir ce qui est juste pour soi.
Nous avons le droit de nous tromper, de recommencer, d’arrêter, de stagner. Mais peut-être qu’au final, tu évolues plus que tu ne le crois. Ne pas être là où tu voudrais ne veut pas dire que tout est figé. Cela veut dire qu’il est peut-être temps d’accueillir ce qui n’est plus en accord.
Nous sommes à la hauteur de ce que nous nous accordons, dans la mesure du réel. Nous ne pouvons pas réussir partout. Cela demanderait une force que ni le corps ni l’esprit ne peuvent porter.
Il existe de grands apprentissages à travers ce tri de nos visions de vie : apprendre à se voir tel que tu es, reconnaître l’or que tu portes dans tes mains — mais aussi tes fêlures, car ce sont elles qui laissent passer la lumière, ce qui te permettra de faire des choix alignés et mieux alignés au moment voulu.
Aujourd’hui, ces valeurs passent par plus de sincérité, plus d’échanges vrais, plus de bienveillance, une écoute du corps, un travail que tu feras avec plus d’équilibre, un retour à la terre, un métier plus simple et même parfois à ce que tu faisais avant, mais différemment… une relation plus consciente, ou même un célibat plus apaisé. Et aussi par la capacité à dire à notre ego qu’il a besoin d’apprendre à s’aimer avec moins de contrôle, pour aller, au bon moment, vers le mieux.
Nous ne sommes pas moins parce que tout n’est pas comme prévu. Mais ce serait dommage de passer à côté de ce qui est nouveau en restant enfermé dans une seule idée de notre vie.
Tu n’as pas de baguette magique, et moi non plus. Mais il y a une forme de magie dans le réel, dans la simplicité, dans ce qui est déjà là… à condition d’ouvrir les yeux.
La clé est de s’ouvrir, et de ne pas rester enfermé dans un masque qui ne nourrit que l’inconfort et la poursuite d’une réussite qui, parfois, est une illusion.
Nous vivons une époque de grandes pauses, de longs délais, de grandes attentes… Les énergies nous poussent à faire le tri entre ce qui est encore juste et ce qui ne l’est plus.
Certains repères ne tiennent plus. Certains mondes s’effondrent.
Et dans ces moments-là, tu peux te sentir seul, perdu, mis de côté, avec l’impression de stagner.
Peut-être que tu te dis : “je suis sans solution”.
Mais ce n’est pas tout à fait vrai.
Tu es dans une phase de transformation. Une phase d’acceptation du réel, du concret. Et cela demande une grande lucidité… une lucidité qui ne te coupe pas de toi, mais qui, au contraire, t’ancre dans quelque chose de plus accor avec ta vie tout en y mettant un discernemant plus humain et plus aimant avec les parts de toi qui revaient d'une vie différentes.
Accepter ce qui n’est plus juste, c’est arrêter de s’épuiser dans une terre stérile, pour enfin planter là où la vie peut vraiment prendre.
Et si tu sentais que c’était le moment d’aller écouter ta propre vérité, pas seulement en lisant, mais en venant la rencontrer en profondeur, dans le réel et le concret. Si tu te sens au bord d’un changement sans trop savoir comment l’aborder, Je t'accompagne sans les injonctions du “développement personnel”, mais avec ton humanité, tes peurs, ta fatigue, ta sincérité de maintenant.
Iris
Je trouve ce texte extrêmement parlant, merci Iris