Deux Mondes.

Je vais bien, et en même temps je vais mal. Je suis presque sûre que toi aussi tu connais ça.
Ces moments où, de l'extérieur, tout a l'air « ok » – il fait beau, ou tu es en vacances, tu as ce qu'il faut pour être bien – et pourtant, à l'intérieur, il y a une autre histoire qui se joue.
Comme si tu vivais deux réalités en même temps dans ton propre corps.
Une partie de toi sourit, fait semblant, avance. Et l'autre partie est fatiguée, triste, en colère, perdue… sans trop savoir pourquoi. Tu te dis : « Je devrais aller bien, là, normalement. »
J'avais mis beaucoup d'espoir dans cette montagne, trop. Je me disais : « Ça va me faire du bien, ça va m'aider à me sentir légère, ça va faire partir ce que je sens à l'intérieur. » Et pourtant, devant cette montagne, j'ai senti la déprime remonter d'un coup. Les larmes aux yeux, le ventre serré, cette impression de réaliser d'un bloc à quel point je n'allais pas bien.
"Rien n'allait disparaître".
Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Comme si quelque chose avait volé ma joie, terni mon monde intérieur. J'en voulais au monde entier de ne pas réussir à me rendre heureuse.
Je pensais que ça venait de l'extérieur, des autres, des situations, de la vie.
Jusqu'au jour où j'ai réalisé que je laissais trop de pouvoir à ceux qui me déposaient leurs maux. C'était moi, qui avait ouvert la porte, à ceux qui abîment, qui alourdissent, qui ne font rien pour que les choses se passent bien.
Et j'ai compris à quel point rester, parfois, peut coûter cher. À quel point on peut s'éloigner de soi sans même s'en rendre compte.
Le plus dur, c'est ce moment où tu réalises qu'on t'a volé quelque chose de précieux. Ta lumière.
Et que des années plus tard, tu es encore en train de la chercher. Dans l'invisible. Dans des endroits où elle ne se trouve pas.
J'ai compris ce jour-là qu'un changement de décor ne suffit pas toujours à réparer un paysage intérieur qui souffre. 9 ans après, je suis devenue thérapeute. Pas parce que je vais toujours bien, pas parce que j'ai tout réglé, mais justement parce que je sais ce que c'est de se sentir mal.
Parce que je n'avais pas envie que les gens restent coincés dans la même souffrance que moi.
J'avais envie de trouver un moyen de libérer les autres comme j'aurais aimé qu'on me libère, moi.
Attendre que « ça passe », se dire « ça ira mieux après les vacances / après ce projet / quand j'aurai… » est parfois une réalité nourrie d’une douce illusion et d’espoir, je sais, c’est humain.
Se rendre compte que le monde n'est pas là pour nous rendre malheureux, mais que nous avons le pouvoir de démêler les nœuds émotionnels qui nous empêchent de mieux voir la vie telle qu’elle est, a été un point crucial dans mon parcours.
Ce chemin m’a permis d’ouvrir les yeux avec plus de lucidité. D’apprendre à voir la vie — et même les montagnes — autrement.
Parce que j'avais démêler mon chemin de celui des autres, parce que j'avais arrêter de me confondre dans mes deux mondes, mon passé et mon présent retrouvais leur juste place.
J'ai pu voir, par la suite, les montagnes, la nature, tel était et moi je me suis ressentis, tel que je suis, libre et paisible.
Et surtout… j'ai commencé à retrouver ma propre lumière.
Iris
Chaque partage est comme un petit phare qui aide d'autres âmes à retrouver leur propre lumière dans le noir. Si ce texte fait écho à ton histoire, dépose un petit cœur ou partage-le autour de toi, cela soutient mon travail de tout cœur. Un infini merci pour ta douce présence...
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